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Maurice Genevoix au Panthéon

Discours prononcé par le Président de la République le 6 novembre 2018 aux Éparges

Maurice Genevoix et Les Éparges

Des milliers d’hommes sont venus combattre et mourir aux Éparges. De leur souffrance et de leur peine nous n’aurions plus de trace aujourd’hui si l’un d’entre eux n’avait immortalisé par ses écrits les sept mois de guerre qu’il vécut à leurs côtés avant d’être grièvement blessé non loin d’ici.

L’émouvant témoignage de Maurice Genevoix, regroupé sous le titre « Ceux de 14 », nous a tous bouleversés. En découvrant le parcours de sa vie, nous avons admiré son infatigable combat contre l’oubli et mesuré le poids du souvenir de ceux qui ne sont pas revenus.

Maurice Genevoix est né à Decize, dans la Loire, en 1890. Après des études à Orléans et une khâgne au lycée Lakanal de Sceaux, il entre à l’École Normale Supérieure en 1911.
Lorsque la guerre éclate, il lui reste encore un an pour préparer l’agrégation de lettres mais répondant à l’ordre de mobilisation générale, il rejoint son régiment, le 106e d’infanterie à Chalons-sur-Marne, avec le grade de sous-lieutenant.
Il participe à la bataille de la Marne, puis aux opérations de La Vaux-Marie et Rembercourt avant de rejoindre les Hauts de Meuse à la fin du mois de septembre 1914.
En 1915, il participe aux combats meurtriers qui ravagent La crête des Éparges au cours desquels son ami, le sous-lieutenant Robert Porchon, est tué. Lui-même sera grièvement blessé, le 25 avril 1915, dans les bois du Sonvaux.
Après de longs mois de convalescence, Maurice Genevoix est réformé avec un bras atrophié et la main paralysée.
C’est alors que commence sa carrière d’écrivain-combattant avec la publication de ses bouleversants récits de guerre : « Sous Verdun » en 1916, puis de « Nuits de guerre » en 1921, « Au seuil des guitounes » en 1918, » La boue » en 1921 et « Les Éparges » en 1923.
Quatre de ces volumes seront regroupés, en 1950, sous le titre « Ceux de 14 ». Maurice Genevoix poursuit une carrière littéraire féconde qui le conduit, en 1946, à l’Académie française dont il deviendra le secrétaire perpétuel de 1958 jusqu’à sa démission en 1973.

Profondément marqué par l’effroyable guerre dont il fut le témoin, il va favoriser avec Roland Dorgelès la naissance de l’Association des écrivains combattants, puis deviendra président-fondateur du Mémorial de Verdun inauguré en 1967.
« Les jeunes hommes de mon âge ont été confrontés à une épreuve dont la tension et la durée ont fait une monstruosité. Pas un de ceux qui lui ont survécu dont la survie n’en ait été changée. Je suis l’un d’eux ». Extrait de « Trente mille jours »

Maurice Genevoix s’est éteint en 1980. Il repose au cimetière de Passy (Paris).
Dans un texte paru dans le Bulletin trimestriel des Revenants du 106ème R.I. en 1947, juste un an après son entrée à l’Académie française, voici ce qu’il écrit :
« Une épée vous le savez on la porte deux fois. Une fois lors de la réception et une seconde fois sur le corbillard. Peut-être ce jour-là la sentirai-je à mon côté au moment de retrouver ceux des Éparges, morts à 20 ou 25 ans, (pensez à l’énorme rabiot dont nous avons tous joui) et qui me diront : « C’est toi mon vieux Genevoix. Entre quand même, on te reconnaît. »
Le lieutenant Maurice Genevoix rejoint enfin ses camarades tombés aux Éparges.

Pour en savoir plus

> Espace Maurice Genevoix

> 6 novembre 2018 - Visite présidentielle de M. Emmanuel Macron

> 6 avril 2015 - Inauguration du buste du lieutenant Maurice Genevoix

> 19 Octobre 2014 - Pose de la première pierre du buste de Maurice Genevoix.

> 4 décembre 2013 - Inauguration de la maquette du buste de Maurice Genevoix au Grand Palais à Paris .